Sujet: 18. Ave Caesar

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Infos générales:
> BD no. 18
> Ave Caesar
> Collection Repérages
> 44 pages
> Publié en 1995

Editeur:
> Editions Dupuis

Scénariste:
> Hermann Huppen

Dessinateur:
> Hermann Huppen

Analyse :

Alors que Kurdy et Jeremiah se douchent sous une cascade, un cadavre de milicien leur tombe dessus. Ils le cachent, mais sont repérés par d'autres miliciens. Alors qu'on les enferme, la cité est bombardée par la « Rome nouvelle », une ville voisine, gouvernée par un mégalomane. Kurdy et Jeremiah s'échappent et sont recueillis par des soldats de la « Rome nouvelle ». Afin de prouver leur innocence, ils doivent retrouver Ogilvy, le milicien qui formait équipe avec celui dont ils ont retrouvé le corps. Ogilvy fait partie des prisonniers de la « Rome nouvelle ». Jeremiah prend contact avec lui. Au deuxième contact, Ogilvy annonce qu'il ne peut partir, car après la mise à mort de 5 miliciens, il veut prendre part à la révolution qui se prépare. Kurdy organise une évasion, car il veut sauver sa peau. Il refuse de faire la révolution. Jeremiah donne le départ de la révolution. Après une chute, Kurdy est dans un sale état, il avertit les miliciens de la révolte qui se passe dans la « Rome nouvelle ». Les miliciens passent à l'attaque, et le nouvel empire romain bascule. Kurdy et Jeremiah sont innocentés.

Le déguisement

Durant tout l'album le déguisement est présent. Tout d'abord il permet de différencier les deux groupes opposés. Les miliciens avec leur uniforme aux épaules et au col rouges et les gardes de la « Rome nouvelle » vêtus d'armures et d'habits appartenant à l'époque romaine. (Notons que la Rome Nouvelle est installée, là, en Amérique.)

Au début de l'album, lors du bombardement, afin de passer inaperçu Kurdy propose à Jeremiah de changer d'habits. Ceux qu'ils revêtiront seront voyant tels des habits de clown.

La dérision et l'anachronisme voulu

Le mégalomane se prend pour un empereur romain, mais il ne connaît pas grand choses de l'empire romain. Il est toujours suivi de son professeur de latin qui porte le livre « Assymil Latin in Pain » (Méthode assimile le latin dans la douleur). Le monarque répète les phrase latine avec énormément de peine visiblement sans les comprendre et lors des dictées, on réalise que son orthographe est horrible. Son professeur embarrassé, félicite toujours le dictateur, et n'ose lui dire qu'il est vraiment mauvais.
Pour couronner l'ignorance du monarque, on le voit montrer à son professeur des habits tyroliens. Il trouve les romains étonnants.

Sur une table, on voit un hamburger, une bouteille de coca et une canette d'ice tea, symbole du capitalisme et de l'impérialisme américain. Il est aussi cocasse de voir dans un décors de Rome antique, le dictateur avec un téléphone portable, ou les gardes romain avec des revolvers.

Lorsque le dictateur est réveillé en plein nuit par une explosion et qu'il demande au centurion qu'est-ce qui se passe, celui-ci dit qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer. A la case suivante on remarque que la révolte à pris des ampleurs alarmantes.

L'absurde et le clin d'œil

L'homme à la pendule à coucou est un personnage secondaire absurde par son comportement, mais attachant.

Il n'a aucune importance dans le déroulement de l'aventure, mais on ressent nettement un manque s'il n'était pas là. Il semble étranger à l'atrocité de la dictature puis à la révolution. Tout ce qui l'intéresse, c'est de trouver quelqu'un qui puisse réparer son horloge. Hermann m'explique que l'idée de ce personnage lui est venu suite à une anecdote. L'horloge à coucou est un des seuls souvenirs qu'il possède de son père. Lorsque cette vielle horloge mécanique lui pose des problèmes, il a son beau-frère Robert, dit Bob, qui a été horloger, pour la réparer. Mais toutes les fois qu'il la lui donne, Bob, la garde pendant des années, car il lui manque une pièce, ou, il n'a pas le temps. D'ailleurs, toutes les fois qu'il rencontre son beau-frère, il ne peut s'empêcher de lui parler de cette BD.

En page 36, dans la première case, il dessine le décors qu'il accompagne d'un petit texte narratif cocasse.

C'est intentionnel, c'est pour faire un pied de nez à l'habituel « Pendant ce temps… ». C'est incongru et Hermann aime ça.

Kurdy

A la fin, Kurdy beigne dans le bien être. Il prend du bon temps, avec les « demoiselles de compagnie » de Ceasar. Il a averti les miliciens, mais au fond le désirait-il vraiment ? Ce qu'il voulait avant tout, c'était partir et récupérer Esra, sa mule… Lorsqu'il part avec Jeremiah, on voit qu'il a détroussé le cadavre de Ceasar. Comme dans La Nuit des Rapaces, il regarde les bagues volées au maître déchu. C'est une similitude involontaire, mais qui décrit bien le personnage de Kurdy. C'est malsain, mais Kurdy se sent dans son monde, n'oublions pas qu'il a vécu sa jeunesse dans les poubelles et qu'il est avant tout un voleur.

Hermann commence à dessiner les enseignes de la banque avec un aileron de requin.

L'idée d'Ave Caesar est intéressante. Malheureusement à l'époque, Hermann est trop absorbé par la réalisation simultanée de Sarajevo Tango. Il affirme lui-même que c'est un des épisodes qu'il aime le moins, car mentalement il n'a pu s'y investir comme il l'aurait souhaité.

Patrick Dubuis
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2002 © Hermannhuppen.com

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Re: 18. Ave Caesar

Mon tout premier album de l'univers de Hermann...
Je m'en souviens comme si c'était hier...
Et cette scène de char qui tombe de la falaise!!! Un must!!!!!!!!!