Sujet: 03. Les héritiers sauvages

http://www.hermannhuppen.be/fichiers/Image/jeremiah/livres/3.jpg
Infos générales:
> BD no. 3
> Les héritiers sauvages
> Collection Repérages
> 46 pages
> Publié en 1980

Editeur:
> Editions Fleurus/Dupuis

Scénariste:
> Hermann Huppen

Dessinateur:
> Hermann Huppen

Analyse :

Jeremiah et Kurdy cherchent du travail dans une région florissante. Un homme, Nathaniel Bancroft, a racheté d'immenses terres et par son dynamisme, il a prouvé qu'en s'unissant, on pouvait reconstruire une société prospère. Mais il tombe malade et ce sont ses enfants adoptifs, Jessica et Audie, sous l'emprise de Trenton, un homme étrange, qui reprennent les rênes de la Bancroft Farming Company. Ces trois personnages acculent les fermiers à la misère pour les obliger à revendre leurs terrains à bas prix, et pour ensuite les engager comme simples ouvriers. Jeremiah se fait engager et ne tarde pas à réaliser que les ouvriers sont traités comme des bêtes. Il veut que ces esclaves se révoltent. Audie, par sa folie et son ennui, provoque l'émeute. Grâce à la révolte, Jeremiah arrive à approcher le dirigeant local et à découvrir que Nathaniel est mort depuis longtemps. C'est sa dépouille que Jessica promène sur la terrasse. La révolte bat son plein et le peuple arrive à prendre le dessus. Une révolte pour rien, car les fermiers deviennent des tortionnaires et leurs bourreaux, des esclaves. Seuls les rôles sont inversés.

De bonnes intentions

Afin d'améliorer le style de vie et de structurer une communauté, Nathaniel fait l'acquisition de terrains. Avec dynamisme, il propose à la communauté de fermiers de reconstruire une route, permettant ainsi de s'organiser et de vendre leurs produits. Il devient rapidement une légende vivante. Dans le but de le remercier, la communauté le nomme guide à vie de tous le pays. Heureux et satisfait de son labeur, il décide d'adopter deux enfants, Audie et Jessica, pour parachever sa réussite. Deux enfants qui le mèneront à sa perte, car il subira la même trahison qu'a vécue César.

L'influence

Alvis Trenton, aventurier attiré par l'appât du gain, comprend rapidement qu'il peut tirer profit de cette microsociété. Grâce à des projets malhonnêtes mais juteux, il arrive aisément à acheter la confiance des enfants. Ils vont empoisonner à petites doses Nathaniel et se dépêchent de l'isoler dans une chambre et empêchent toute visite. Maintenant que Nathaniel est mourrant, Audie et Jessica, sous l'influence d'Alvis vont pouvoir opprimer les fermiers et les obliger à revendre leurs terres à la compagnie « Bancroft ». Après quoi il ne leur reste plus que le choix d'y « travailler » comme esclaves. Pour gagner du temps, Alvis décide de faire une mise en scène macabre : Jessica promène la dépouille de son papa, afin de leurrer les esclaves et d'empêcher toute révolte, car Nathaniel jouis à vie de son titre. Provoquée par Audie, une révolte permet à Jeremiah de percer au jour le pot aux roses. Il signale aux insurgés que Nathaniel est mort depuis longtemps.

Les révoltés, par leur nombre, ne tardent pas à prendre le dessus. Mus par un esprit de vengeance, ils veulent se faire justice d'une manière sommaire. Jeremiah, impuissant, constate que les rôles ne font que s'inverser. Aucune justice n'est faite, car les révoltés ne se comporterons pas mieux que les hommes d'Alvis. La volonté justicière de Jeremiah semble avoir triomphé et pourtant il comprend que rien n'a fondamentalement changé.

C'est amère qu'il quitte la région.

La décadence

Audie semble sorti de l'univers « d'Orange mécanique ». C'est un jeune homme à la dérive qui passe ses journée et ses nuits avec des compères à consommer alcools et drogues. Par ennui, Audie s'amuse à faucher des esclaves au guidon de sa moto, ses comparses se plaisent à parier. Jeremiah sauve n°137, et Audie en garde rancune. Chauffé par ses amis, il veut se venger et déclenche la révolte chez les esclaves.

Hermann s'inspire aussi de faits divers. Il se souvient avoir lu un article où il était question de fils à papa qui passaient leur temps à foncer à toute allure à travers la campagne sur leur moto et qui, de temps en temps, abattaient froidement quelqu'un, pour se désennuyer.

La manipulatrice

Jessica se plait à jouer sur plusieurs tableaux. Elle est consciente de sa beauté et s'en sert afin de faire aboutir ses projets. C'est elle qui véritablement gouverne la région, car elle a envoûté tous les conspirateurs. Alvis, pourtant manipulateur méticuleux et averti, se laisse détourner par les caprices excentriques de Jessica. Aveuglé par un désir utopique, il croit pouvoir l'épouser. Il lui offre tous les fruits de ses plans machiavéliques sur un plateau d'argent. Réalisant qu'elle peut en tirer son parti, Jessica afin de mieux le tromper, lui fait croire qu'elle a un faible pour lui. Elle convoite surtout le petit secret qui ouvre tout grand les coffres de la banque. Lorsque la révolte se déclare, la jolie se fait la belle sans se soucier du pauvre Alvis. Amèrement, il ne tarde pas à comprendre qu'il a été hypnotisé par la ravissante demoiselle sans cœur, pour son argent et non pour sa personne.

Briggs, le bras droit d'Alvis, est un bellâtre fougueux. Naturellement, il ne peut rester indifférent au charme de Jessica. Ils ne tardent pas à vivre un amour secret. Seulement Jessica semble plus intéressée par Briggs pour provoquer un coup d'état, que pour vivre une amourette avec lui. Elle comprend qu'elle peux se servir de ce jeune homme, comme bon lui semble. Ils s'enfuient ensemble, mais tout porte à croire qu'elle lui fera faux-bond dès la première occasion venue.

Jessica laisse croire qu'elle a un certain amour fraternel pour son frère Audie. Elle mime une fausse tristesse lorsque Alvis lui annonce qu'il faut sérieusement le calmer, mais elle ne se gêne pas d'encourager Briggs à « s'occuper de lui ».

L'anguille

Alors que Jeremiah cherche désespérément du travail afin de gagner de l'argent, Kurdy, lui, ne se fait guère de soucis sachant que tout peut se ramasser. Il suffit de voler.
Alors que la nuit est tomée, Jeremiah et Kurdy cherchent un abri afin de pouvoir y passer la nuit. Ils se font accueillir par des hommes armés et belliqueux qui apparemment se trompe sur leur compte. Bien qu'ils essayent de leur expliquer qu'ils ne sont que des voyageurs à la recherche de travail et d'un toit pour la nuit, la discussion dérape. Aldus, le frère de Nataniel, arrive juste au moment opportun pour éviter qu'ils ne se fassent exécuter. Aldus accepte de les loger pour la nuit, mais leur conseille vivement de quitter la région au plus vite. Jeremiah et Kurdy veulent rester étranger à toute cette affaire. Jeremiah va malgré tout s'adresser à la compagnie « Bancroft », car il se voit obligé de trouver du travaille afin de gagner de l'argent. Involontairement il se retrouvera mêlé à la révolte des esclaves. C'est alors que poussé par son âme de samaritain, Jeremiah ne peut s'empêcher d'essayer de rétablir une justice. Kurdy reste comme un spectateur et ne veux pas se mêler aux problèmes de ces gens.
Poussé par Esra (?), il va malgré tout voir comment Jeremiah s'en tire. Car bien qu'il s'invente une raison pour aller à sa rencontre, il se fait réellement du souci pour lui. Etrange, Kurdy aurait-il malgré lui un côté humain ? Constatant que la révolte bat de son plein, Kurdy en déduit qu'il va certainement pouvoir se remplir les poches. Laissant les esclaves faire leur révolte, il va tendre une embuscade à la jolie Jessica et à Briggs afin de les détrousser, puis c'est sans remords qu'il les abat.Il ne commet pas cette acte par esprit justice, mais uniquement pour les délester de leur argent. Kurdy se garde d'avouer cet acte à Jeremiah.
Kurdy ne fait pas dans le social et la vie misérable de ces gens, traités comme des esclaves, le laisse dans la plus grande indifférence. Il ne se soucie pas d'eux et ne veux pas se mettre à les aider, car cela ne lui rapporte rien. Si ces gens ne sont pas heureux de leur condition, ils n'ont qu'à s'en sortir de leur propre chef. D'ailleurs il fait bien comprendre à Jeremiah qu'il ne veux pas supporter toutes les peines du monde.

Patrick Dubuis
_____________________________
2002 © Hermannhuppen.com